
Le radiothérapeute peut tirer bénéfice de la différence de comportement entre une cellule cancéreuse et une cellule saine lors du traitement.
La cellule cancéreuse a un temps de régénération plus lent que celui de la cellule saine, en effet, elle a perdu son mécanisme de réparation. Si l'on considére que toutes les cellules cancéreuses sont irradiées, elles seront rapidement rendues indivisibles après quelques séances de rayons, un décalage se forme donc entre le nombre de cellules saines et malades qui grandit petit à petit jusqu'à la disparition des cellules cancéreuses. Cependant, il est capital de garder à l'esprit qu'une cellule indivisible n'est pas morte. On parle de mort différée, le mécanisme ne se déclenchera qu' à la duplication ou lors de la mitose. Les neurones ne se divisant jamais, ils ne sont pas traitables par radiothérapie. On estime à un an le temps nécessaire avant de pouvoir vérifier si une tumeur est convenablement traitée, il est donc normal de trouver encore des cellules cancéreuses avant.voir les courbes ici
Le radiothérapeute doit aussi jouer sur le fractionnement, il effectue une exposition suffisament longue pour éradiquer la tumeur tout en gardant un maximum de cellules saines. Le fractionnement permet aussi au patient de faire des pauses (week-end par exemple), les cellules saines ont donc un temps pour se régénérer (d'où la fatigue ressentie lors du traitement).
Enfin, le radiothérapeute doit jouer sur la dose totale délivrée pour traiter la tumeur, cela dépend du type de cancer et de sa localisation. De longues expérimentations ont permis de mettre au point des normes pour chaque type et pour chaque niveau de cancer. Certaines tumeurs gardent un pronostic mauvais, comme celles de l'encéphale, mais depuis trente ans, il est possible de donner plus sûrement une évaluation positive de l'efficacité d'un traitement. un document comme celui-ci donne une idée du référencement des techniques, classées pour chaque avancement et chaque tumeur. voir aussi ici
Les tumeurs sont aussi richement vascularisées (ce n'est pas une rêgle), or l'oxygénation est un facteur positif pour la radiosensibilité, un avantage pour les cancers avancés qui demandent une radiohérapie avant d'être opérables. (ex cancer du pancréas, bien que difficilement traitable par radiothérapie; voir page 78)
Les traitements par radiothérapie sont très polyvalents, c'est-à-dire qu'ils servent dans des cas variés. Aujourd'hui, on traite environ la moitié des cancers par radiothérapie
La radiothérapie peut traiter à titre antalgique, elle soulage la douleur dans le cas d'une tumeur compressive qui appuie sur un centre nerveux ou dans le cas de métastases osseuses. Le patient ne sera pas traité mais souffrira moins.
le rôle palliatif est très important. Du point de vue scientifique, il est important de considérer une semaine gagnée comme une avancée vers une technique de guérison fonctionnelle. La famille et le patient sont souvent gagnants, même s'il deumeure parfois une imcompréhension avec le praticien lorsque les derniers jours s'accomplissent péniblement.
La radiothérapie peut fonctionner couplée à d'autres techniques, elle a un champs d'action large et peut être utilisée sur de nombreux organes. On l'utilise avant une chirurgie pour rendre une tumeur opérable (on imagine bien la précision des machines puisqu'elles précèdent l'acte chirurgical). Elle diminue sensiblement le taux de rechute (voir ici). Elle sert aussi de traitement post-opératoire pour éliminer des résidus non enlevés qui pourraient devenir de nouveaux foyers de tumeur. On voit dans ce document que la radiothérapie post-opératoire permet d'éviter les récidives locales cliquez ici . On la couple enfin à la chimiothérapie (et en même temps à la chirurgie) pour certains cas de cancer du sein qui réclament plus de sécurité. On pratique en effet de moins en moins la mammorectomie à mesure que la radiothéarpie s'avère capable de la remplacer.
Il n'est pas possible de traiter de radiothérapie sans évaluer le risque qu'elle représente pour le patient. Des effets secondaires possibles, qui peuvent avoir des conséquences redoutables. Dans son livre "Des rayons contre le cancer", le professeur Jean-Marc Cosset introduit ce chapitre en recadrant le problème, il rappelle tout d'abord la difficulté que nous rencontrons pour soigner le cancer:
{Les effets sont de différents types, mais restent contrôlables. En revanche, il existe des patients extrêmement radiosensibles dont l'exposition aux rayons provoquera de graves effets secondaires dont on ne peut se prémunir pour l'instant. Le seuil tolérable est de cinq pour cent d' échec à cinq ans. Certains effets secondaires comme une paralysie par exemple, ne sont par ailleurs pas tolérables. Ils représentent la limite de la radiothérapie, c'est à dire le moment où la radiothérapie ne pourra pas soigner sans endommager, à n'importe quel niveau, les cellules environnantes. La radiothérapie n'est pas recommandée à proximité de la moelle épinière, du colon, de l'encéphale... On privilégie une chirurgie ou une chimiothérapie si possible pour traiter, en complétant éventuellement par la suite par une radiothérapie.
Un mot tout d'abord sur ce que nous appelons les "effets secondaires". Rappelons en exergue que la radiothérapie n'est utilisée, à de très rares exceptions près, que pour traiter des cancers. Ceux-ci, même en 2008, et malgré tous nos progrès récent, restent bien souvent des adversaires redoutables que l'on "ne traite pas avec de l'eau de rose", pour reprendre l'expression chère à mon maître Maurice Tubiana. Comme nos rayons ne sont pas précisément de l'eau de rose, nos patients, dans la grande majorité des cas, vont présenter quelques effets secondaires
}
Il y a quelques années, on prétendait supplanter la radiothérapie avec la mise au point rapide de la chimiothérapie, pensant que des méthodes chimiques seraient plus efficaces. Il est important de se souvenir de ces études qui prouvaient que le taux de mortalité demeurait le même, bien que la radiothérapie diminuait sensiblement les récidives. En effet, la radiothérapie endommage aussi la cellule saine et donc son système de réparation, provoquant ainsi le début d'un cancer. Il suffit pour mieux saisir l'importance du phénomène de considérer l'augmentation du nombre de cancers sur les habitants d'Hiroshima. Il en va de même pour une radiothérapie, consultez ce document, ou celui-ci Il faut cependant remarquer la progression de la radiothérapie qui constitue tout de même dans de nombreux cas un traitement de choix voir ce document, tiré d'une conférence à l'assemblée nationnale.